Enjeux et axes de la coopération

Contexte et enjeux de la coopération

Dès 1970, le Vietnam a contribué à créer l’Agence de Coopération culturelle et technique , première forme d’organisation intergouvernementale fondée sur le partage du français. En 1997, le Vietnam a accueilli le premier sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui vise à donner une nouvelle impulsion à la Francophonie.

Rapidement après l’ouverture du Vietnam (1986), une politique linguistique très ambitieuse et extrêmement favorable à la langue française a été mise en place dans le système scolaire et universitaire vietnamien. De nombreuses classes bilingues (enseignement intensif du français, enseignement de mathématiques et de physique en français) ont été créées, souvent dans les meilleures écoles du pays, de la classe primaire au lycée. A partir de 2006, ce programme des classes bilingues a été transféré au Ministère de l’Education et de la Formation (MEF). Sur le niveau universitaire, l’AUF apporte aujourd’hui un appui à environ 40 filières francophones au Vietnam (3 600 étudiants).

L’apprentissage de l’anglais occupe désormais une place importante dans le système éducatif vietnamien. Dans une moindre mesure, on note l’émergence de l’enseignement de langues comme le japonais ou l’allemand qui restent encore aujourd’hui moins enseignées que le français. L’enseignement du français reste toutefois répandu : c’est la deuxième langue vivante étrangère enseignée au Vietnam, après l’anglais.

Le soutien à l’enseignement du français – un des axes majeur de la politique de cette ambassade - est un sujet éminemment transversal s’inscrivant dans le cadre d’une politique globale, du plus jeune âge à la vie professionnelle. Les élèves vietnamiens apprennent le français bien souvent parce que leurs parents aiment la culture française et envisagent pour eux des études supérieures en France ou dans l’espace francophone.

Trois axes prioritaires

- Plaidoyer et communication

La politique de l’enseignement des langues étrangères est actuellement en réflexion au Vietnam notamment à travers la mise en œuvre d’un projet visant à développer l’enseignement des langues vivantes étrangères pour les apprenants « Projet 2020 » en envisageant l’élaboration de nouveaux programmes d’enseignement/apprentissage basés sur le Cadre européen Commun de Référence pour les Langues étrangères (CECR).

En accord avec les autorités vietnamiennes, il s’agit donc de promouvoir la diversité linguistique auprès des institutions, des parents d’élèves, des chefs d’établissement etc. Plusieurs manifestations organisées annuellement avec nos partenaires visent à montrer la richesse de la diversité linguistique (Journée européenne des langues, Journée de la Francophonie, Journée de la littérature européenne etc.).

- Formation des professionnels du français

L’engagement en faveur du français est un engagement quotidien des professionnels : enseignants en particulier, mais aussi traducteurs, interprètes. La formation est un axe important de la politique de cette ambassade et a été développée depuis de nombreuses années avec en particulier l’organisation annuelle de séminaires sur l’ensemble du pays.

- Incarner la langue française aux yeux des apprenants

La demande est très forte de la part des apprenants d’avoir des contacts avec des locuteurs natifs et une exposition à la culture française. Il y a au Vietnam un amour de la France et de la culture française. La coopération décentralisée est en outre assez présente en matière de francophonie et de coopération éducative (environ une quinzaine d’appariements scolaires).

Cette ambassade propose depuis début 2014, une offre culturelle dans les classes bilingues (visites d’exposition, intervention de professeurs de français bénévoles dans les principales villes du Vietnam, conférences) dans les villes où nous avons des Instituts français (Hanoï, Danang, Hué).

Enfin, cette ambassade soutient des méthodes éducatives innovantes comme celles du programme « La main à la Pâte », créé en 1996 et introduit au Vietnam dès 2000 pour l’enseignement des sciences à l’école. Un accord a ainsi été signé entre la Fondation « La main à la Pâte » et le Ministère de l’Education et de la Formation pour développer conjointement des projets pilotes.

Outils et modalités de la coopération

Nos actions se déclinent à la fois dans un cadre multipartenarial (en particulier dans le cadre du projet « Valofrase » ‘Valorisation de l’enseignement du français en Asie du sud-est’, avec les Ministères de l’Education et de la Formation du Vietnam, du Cambodge et du Laos, l’OIF, l’AUF, le gouvernement du Québec, la Délégation Wallonie-Bruxelles et le gouvernement français, et dans un cadre bilatéral .

Le français et les débouchés professionnels

Le français est considéré au Vietnam bien souvent comme langue de réussite. 100 % des élèves des classes bilingues obtiennent le baccalauréat et 90% d’entre eux réussissent le concours d’entrée à l’université contre 30% des élèves bacheliers du système d’enseignement général. Pratiquement tous les étudiants ayant fait le choix de filières francophones ou de diplômes français trouvent un emploi dans l’année de leur entrée dans la vie active, selon les enquêtes réalisées par l’AUF.

Un exemple : le programme de formation d’ingénieurs d’excellence du Vietnam (PFIEV). Créé au début des années 1990 par la France, ce programme de formation, désormais vietnamien, forme des ingénieurs qui peuvent choisir d’avoir un enseignement intensif en français en vue de poursuivre un cursus en France. 57% des diplômés du PFIEV trouvent un emploi sous 3 mois.

La coopération en matière de médecine constitue un autre axe structurant et distinctif parmi les projets de coopération associant compétences professionnelles spécialisées et maîtrise de la langue française. La France est en effet le seul pays au Vietnam à proposer des

publié le 27/03/2014

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