Interview de l’Ambassadeur de France au Hanoi Moi

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Pour la France, quelle est la signification de la visite du Secrétaire général du PCV en France ?

La visite de M. Nong Duc Manh en France témoigne de la qualité exceptionnelle des relations entre la France et le Vietnam. M. Manh est le deuxième Secrétaire général du PCV à se rendre en France, après M. Le Kha Phieu en 2000. Ce déplacement intervient huit mois après la visite d’Etat du Président Jacques Chirac à Hanoi en marge du sommet de l’ASEM V qui elle-même répondait à la visite du Président Tran Duc Luong à Paris en 2002. Les échanges de haut niveau sont fréquents entre nos deux pays et permettent de mettre en valeur la diversité et la vitalité des champs de coopération bilatérale. En se rendant à Lille au cours de sa visite en France, M. Nong Duc Manh témoignera aussi de l’importance prise par les actions des collectivités locales dans le renforcement de notre partenariat.

Comment la France a t-elle supporté l’adhésion du Vietnam à l’OMC ?

La France a joué un rôle essentiel dans le retour du Vietnam sur la scène internationale au début des années 1990, le Président de la République française, François Mitterrand, ayant été le premier chef d’Etat occidental à se rendre en visite officielle au Vietnam. Ce soutien à l’intégration internationale et régionale du Vietnam ne s’est pas démenti depuis. C’est dans cet esprit que la France souhaite l’adhésion prochaine du Vietnam à l’OMC. L’Union européenne a été le premier partenaire majeur du Vietnam à signer avec lui un accord bilatéral en vue de son adhésion à l’OMC. La France, plus spécifiquement, aide le Vietnam à préparer cette adhésion, en lui apportant son expertise sur les modifications législatives nécessaires (maison du droit franco-vietnamienne) ou en coopérant avec lui sur les indications géographiques (nuoc mam de Phu Quoc et thé vert de Moc Chau).

3. Quelle est la place du Vietnam dans la politique étrangère française ?

La France et le Vietnam entretiennent des relations anciennes et fortes : la place du Vietnam dans la politique étrangère française est donc particulière et le Président Jacques Chirac l’a qualifié de « partenariat historique et exemplaire ». Le dialogue entre nos deux pays a certes germé dans le terreau de notre longue histoire commune mais il s’enracine aussi et surtout dans le présent. Le Vietnam est aussi membre de la francophonie, ce qui renforce nos liens. La France est le premier bailleur occidental, avec 334 millions d’euros d’aide publique au développement en 2005, elle est aussi le premier investisseur non-asiatique en stocks d’investissements directs étrangers. Les échanges politiques et économiques sont denses à tous les niveaux et les acteurs de la coopération décentralisée (associations, collectivités locales, ONG) se réuniront les 16 et 17 juin prochains à Hué pour en témoigner. La France apporte son soutien entier au Vietnam dans son ouverture et sa modernisation, dans un esprit de dialogue, de tolérance et de solidarité qui est le propre des partenaires de la francophonie.

4. Etes-vous satisfait des résultats des relations amicales de coopération franco-vietnamiennes actuelles ?

Nous avons un bon indicateur de résultat pour répondre à cette question. Lors de la visite du Président Chirac en octobre 2004, pas moins de 21 accords avaient été signés, couvrant la plupart des domaines de notre coopération. Leur mise en œuvre est très satisfaisante : je pense notamment au secteur des transports (projet de tramway à Hanoi), de la coopération universitaire (reconnaissance des diplômes, mise en place de pôles universitaires français dans les universités internationales de Hanoi et Ho Chi Minh Ville) ou de la culture (exposition sur la statuaire Cham à Paris à l’automne). La visite de M. Nong Duc Manh à Paris devrait renforcer notre coopération dans les domaines de l’aéronautique, des transports et de l’énergie.

publié le 20/03/2006

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