Journée mondiale et européenne contre la peine de mort [vi]

Déclaration d’Alain Juppé, Ministre des Affaires Etrangères et Européennes

"Nous célébrons aujourd’hui 10 octobre la 9e Journée mondiale contre la peine de mort, officiellement reconnue par le Conseil de l’Europe et l’Union européenne en 2007.

La peine de mort n’est pas la justice, mais davantage le signe de l’échec de celle-ci. Elle ne saurait en rien être utile à la lutte contre la criminalité. La perte de vie humaine qu’elle entraine est irréparable alors qu’aucun système juridique n’est à l’abri d’une erreur judiciaire.

Il y a maintenant 30 ans, la France mettait hors la loi ce traitement cruel et inhumain. Elle n’a eu de cesse depuis d’œuvrer à l’abolition définitive et universelle de la peine de mort.

Depuis, beaucoup de chemin a été parcouru. Aujourd’hui, 139 Etats sont abolitionnistes en droit ou ont adopté un moratoire de fait. La majorité des Etats membres des Nations unies se sont détournés de ce châtiment et les progrès continuent.

J’y vois le témoignage d’une véritable prise de conscience mondiale, et la réaffirmation de l’universalité des droits de l’Homme.

Mais je n’oublie pas, en dépit de ces avancées, que le combat pour l’abolition universelle doit se poursuivre sur tous les continents.

Je tiens à saluer les efforts déterminés des défenseurs des droits de l’Homme et des ONG, dont la mobilisation est indispensable dans ce combat que nous menons ensemble."

Déclaration conjointe de Catherine Ashton, Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, et Thorbjørn Jagland, Secrétaire Général du Conseil de l’Europe

"L’Union européenne et le Conseil de l’Europe réaffirment à l’unisson leur opposition à la peine de mort, et leur engagement en faveur de son abolition partout dans le monde.

Nous pensons que la peine capitale est inhumaine, et qu’elle constitue une violation de la dignité humaine. En Europe, nous savons par expérience que la peine de mort n’empêche pas l’escalade des crimes de sang, et ne rend pas justice aux victimes de ces crimes. Si une exécution capitale est le résultat d’une erreur judiciaire, dont aucun système juridique ne peut s’estimer à l’abri, c’est une vie humaine qui est irrémédiablement perdue.

Depuis 1997, aucune exécution n’a eu lieu sur le territoire de nos États membres1.

Nous continuons de condamner l’usage de la peine de mort au Belarus, le seul pays d’Europe qui applique encore la peine capitale. Nous incitons vivement le Belarus à introduire un moratoire sur le recours à la peine de mort, en vue de l’abolir complètement.

Nous nous réjouissons des toutes récentes résolutions des Nations Unies sur un moratoire mondial concernant le recours à la peine de mort en vue de son abolition complète, qui ont été soutenues par une large coalition d’Etats de toutes les parties du monde. Le soutien croissant aux résolutions des Nations Unes dans ce domaine en 2007, 2008 et 2010 confirme que la tendance d’une opposition à la peine de mort gagne du terrain au niveau mondial. Parallèlement, nous reconnaissons qu’un nombre croissant de pays a déjà aboli la peine de mort (entre 1993 et 2009, ils sont passés de 55 à 97), mais ne pouvons toutefois ignorer que 58 pays l’appliquent encore dans le monde."

(Strasbourg, 10.10.2011)

publié le 11/10/2011

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