Point de presse (6/10/04)

de Monsieur Jacques Chirac, Président de la République et Monsieur Tran Duc Luong, Président de la République Socialiste du Vietnam, à l’issue de leur entretien

Palais présidentiel - Hanoi - Vietnam
Mercredi 6 octobre 2004
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M. TRAN DUC LUONG - mesdames et messieurs,

Pour commencer ce point de presse pendant la visite d’Etat du Président français, j’aimerais inviter son excellence Monsieur le Président Jacques CHIRAC, à prendre la parole.

LE PRESIDENT - Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

Je voudrais saluer particulièrement les journalistes vietnamiens, français ou étrangers qui sont ici. Et je voudrais tout d’abord dire toute la joie qui est la mienne de faire cette seconde visite d’Etat au Vietnam et de retrouver cette magnifique cité de Hanoi, qui nous accueille avec beaucoup de gentillesse et qui accepte les contraintes de ce type de rencontre et notamment de l’ASEM, avec gentillesse. Je lui en exprime ma reconnaissance et mon amitié.

Comme vous le savez, ce déplacement a lieu dans une double perspective, d’une part la visite d’Etat, et d’autre part la réunion de l’ASEM. 

Lors de sa visite d’Etat à Paris, le Président TRAN DUC LUONG avait qualifié nos relations de partenariat historique et exemplaire et nous constatons aujourd’hui que tel est bien le cas.

Notre dialogue politique est constant, de façon bilatérale ou internationale, notamment à l’ONU. Nous avons soutenu avec joie, la candidature du Vietnam comme membre non-permanent du Conseil de Sécurité, nous soutenons activement la candidature du Vietnam à l’OMC et nous nous efforçons, notamment avec nos amis allemands de renforcer en permanence les liens politiques entre l’Union européenne et le Vietnam.

Notre coopération économique et financière est également exemplaire ou, en tous les cas, très dynamique. Elle est relayée, je tiens à le souligner, par un réseau extrêmement actif, à mon avis unique au monde, de relations entre les collectivités locales, les organisations non-gouvernementales, les universités, un système extraordinaire de relations. Ce qui fait que la France est fière d’être le premier partenaire occidental du Vietnam.

J’ajoute que je tiens à rendre hommage à la communauté vietnamienne nombreuse et dynamique que nous avons en France, ainsi que le grand nombre de Français d’origine vietnamienne, qui contribue aussi à renforcer ces liens économiques et culturels.

J’ajoute que pour la France, le Vietnam est une porte toute naturelle d’entrée en Asie et pour le Vietnam, la France est une porte toute naturelle d’entrée en Europe. Et nous avons évoqué avec le Président TRAN DUC LUONG la coopération que nous pouvons encore renforcer dans le domaine des petites et moyennes entreprises, en France et au Vietnam, dans le domaine de l’équipement, des infrastructures, dans le domaine de transports, des télécommunications, des aménagements urbains, des développements des services et notamment dans le cadre du développement durable et aussi pour la mobilisation de l’épargne.

Enfin, nous sommes conscients, le Vietnam comme la France, de la nécessité de développer le dialogue Asie-Europe, et c’est bien l’objectif de la réunion, après-demain, de l’ASEM. Une réunion qui je tiens à le dire, a été organisée de façon remarquable par les autorités vietnamiennes, que je tiens, à ce sujet, à remercier très chaleureusement.

M. TRAN DUC LUONG - Tout d’abord, je tiens à remercier son excellence, Monsieur Président Jacques CHIRAC.

Mesdames et Messieurs les représentants de la presse, après le Président CHIRAC, j’aimerais quant à moi exprimer quelques sentiments de joie et d’honneur de recevoir le Président Jacques CHIRAC à Hanoi. Il s’agit de sa seconde visite au Vietnam et nous la considérons comme un grand honneur et un évènement important, un grand plaisir pour la population de la ville de Hanoi, pour accueillir le Président CHIRAC et la délégation française.

La visite du Président français est d’autant plus importante, elle tombe à la veille de la conférence au sommet du processus de l’ASEM, un processus dont le Président CHIRAC compte parmi les promoteurs actifs.

Comme Monsieur le Président l’avait dit, en 1997, le Président français s’est rendu au Vietnam pour la première fois. En 2002, je me suis rendu en France, en visite d’Etat et aujourd’hui, Monsieur le Président est venu au Vietnam. Et à travers des échanges de vue et de contact, nous sommes satisfaits de constater l’excellent état de nos relations bilatérales. Cela est vrai pour les décennies passées et pour les années à venir.

J’aimerais insister sur les trois caractéristiques des relations entre le Vietnam et la France. Il s’agit tout d’abord d’une amitié traditionnelle entre nos deux peuples, entre nos deux pays, qui date depuis le 19e siècle. Nos relations sont bonnes, non seulement sur le plan bilatéral, mais nous avons une concertation étroite dans les enceintes internationales, dans le cadre des organisations internationales. Je pense tout d’abord, à l’organisation des Nations Unies et à des organisations internationales dans la famille onusienne. Je pense également à la Communauté des pays ayant le français en partage et je pense enfin au dialogue entre l’Asie et l’Europe, dont l’événement le plus important se passera dans les heures qui viennent.

La troisième caractéristique de la relation bilatérale réside dans le fait que la France est un pays industrialisé, le Vietnam est un pays en voie de développement et donc, nos relations bilatérales revêtent une nature de relation Nord-Sud.

J’aimerais vous dire tout simplement que dans nos discussions, nous sommes pleinement conscients de ces caractéristiques de ces relations bilatérales. Et nous constatons avec satisfaction que nos deux pays partagent des points de vues qui sont très proches dans les questions d’intérêts communs. Et nous sommes convenus de développer des relations bilatérales dans le sens en vue de développer des relations globales, durables qui reposent sur la confiance et la compréhension mutuelles.

Nous avons également discuté également des mesures nécessaires pour renforcer davantage ces relations, pour compléter les trois caractéristiques que j’ai évoqué et pour développer davantage ces relations bilatérales dans le contexte actuel de la communauté internationale que je viens de décrire. La coopération bilatérale à trois axes principaux, politique, économique et action culturelle. Dans nos relations bilatérales, nous accordons un intérêt particulier, non seulement à développer les relations entre nos deux Etats, mais également à développer les contacts entre tous les acteurs de la coopération bilatérale. Je pense à des petites et moyennes entreprises, je pense à des organisations non gouvernementales, je pense surtout aux contacts entre nos deux peuples, vietnamien et français. Et je constate avec joie que la coopération décentralisée, c’est-à-dire la coopération entre les régions de France et du Vietnam a pu apporter ses fruits et il s’agit également là d’une coopération exemplaire.

Pour conclure, j’aimerais vous dire tout simplement que nous avons discuté les mesures d’une façon générale, mais nous allons également faire de telle sorte que cette discussion aboutisse à des résultats concrets. Je pense à toute une série de protocoles et d’accords qui viennent d’être signés en notre présence. Il y a, vous l’avez constaté, la signature de sept ou huit accords, mais d’autres accords seront signés pendant le programme de la visite du Président français.

Encore une fois, j’aimerais exprimer le plus sincère des remerciements de notre part à l’égard du Président français Jacques CHIRAC et à tous les membres de la délégation française.

Je tiens à remercier Monsieur le Président.

QUESTION - Pourriez-vous nous parler de la question de l’accession de la Turquie à l’Union européenne, et en particulier des différences qui ont pu s’exprimer, non seulement entre pays de l’Union européenne, mais également au sein de votre propre parti ?

LE PRESIDENT - Je réponds volontiers à votre collègue vietnamienne pour lui dire que la question aujourd’hui n’est pas l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. La question c’est l’ouverture de négociations entre la Turquie et l’Union européenne. Si le Conseil européen en décembre décide l’ouverture de ces négociations, chacun est conscient du fait qu’elles dureront au minimum dix ou quinze ans. Et j’ai indiqué clairement que la Constitution prévoirait que tout élargissement au-delà de ce qui existe actuellement, c’est-à-dire disons à partir de 2010 pour laisser les procédures actuelles s’achever, impliquerait une décision par les Françaises et les Français, c’est-à-dire par la voie du référendum.

publié le 20/03/2006

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